Réacteurs à l'arrêt, canicule record : votre prochaine facture d'énergie ne sera pas la même.
- Vinelec

- 25 juin
- 2 min de lecture
Depuis la mi-juin 2026, la canicule a contraint EDF à brider
plusieurs réacteurs nucléaires. Sur les marchés spot, les prix
ont fortement réagi. Sur les marchés à terme ceux qui
concernent réellement votre contrat professionnel a situation
est plus nuancée, et mérite qu'on l'explique clairement. Ce qui s'est passé : les faits La vague de chaleur de juin 2026 a mis le système électrique français sous pression.
Pour préserver les écosystèmes des rivières, la loi interdit à EDF de rejeter une eau trop chauffée dans les fleuves. Quand les températures de la Garonne, du Rhône ou de la Loire dépassent les seuils réglementaires, les centrales nucléaires doivent réduire leur production.
Cette semaine, plusieurs sites ont été touchés :
Golfech (Garonne) : les deux réacteurs à l'arrêt
Bugey, Saint-Alban, Nogent-sur-Seine, Blayais : bridages partiels
Au total : environ 2,2 GW de capacité temporairement retirés du réseau, soit 3,5 % du parc nucléaire français
La part du nucléaire dans le mix électrique est passée de 72 % à 62 % en une semaine. Le gaz naturel a pris le relais en soirée, passant de 1 % à 6 % de la production nationale.
La canicule devrait se terminer progressivement à partir du 27 juin selon Météo-France, avec un retour à des températures normales sur l'ensemble du territoire d'ici début juillet.
Les réacteurs redémarreront au fil du refroidissement des fleuves.
Est-ce que les marchés à terme (CAL) vont être touchés ?
C'est la bonne question. Et la réponse honnête est : pas à cause de la canicule seule mais oui, à cause de ce qu'elle révèle. Le CAL, pour Calendar, est le marché sur lequel les fournisseurs achètent l'électricité à l'avance pour une année entière. CAL27, c'est le prix fixé aujourd'hui pour toute l'électricité livrée en 2027. C'est sur ce marché que sont construits vos contrats professionnels à prix fixe.
Une canicule ponctuelle ne modifie pas les CAL. Mais trois phénomènes structurels, eux, les influencent :
1. La récurrence climatique: Depuis 2015, des arrêts de réacteurs pour raisons thermiques ont lieu chaque été en France sans exception. EDF estime qu'à l'horizon 2035, les contraintes climatiques coûteront 1,4 % de production nucléaire en plus par an, avec une multiplication par 3 à 4 des arrêts forcés. Les marchés à terme intègrent progressivement cette prime de risque climatique dans leurs prix.
2. Le gaz comme prix de référence en soirée: Quand le nucléaire est bridé, les centrales à gaz fixent le prix de toute l'électricité via le merit order. Or le gaz européen reste sous pression depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Cette tension gazière pèse sur les anticipations des traders pour 2027-2028.
3. La fin de l'ARENH et le nouveau cadre VNU: Depuis janvier 2026, l'électricité nucléaire n'est plus accessible à prix administré. Le coût moyen du parc nucléaire évalué par la CRE s'établit à 65,86 €/MWh, nettement au-dessus de l'ancien prix ARENH à 42 €/MWh. Ce niveau structure le plancher des contrats à terme.
En résumé : la canicule ne fera pas monter les CAL en flèche. Mais elle confirme et renforce les facteurs structurels qui, eux, tirent les prix futurs vers le haut progressivement.
Le CAL27 à 57 €/MWh aujourd'hui reste un niveau raisonnable au regard des tendances de fond. Ce niveau ne sera pas éternel.



